Prospection B2B par email : ce que dit vraiment la CNIL
Bonne nouvelle : en B2B, vous n'avez pas besoin du consentement préalable de votre prospect pour lui écrire. Mais le cadre a des règles précises, et ce sont elles qui font la différence entre une campagne efficace et une plainte.
Le principe : pas de consentement préalable en B2B, sous condition
Pour les particuliers, la prospection par email exige un consentement préalable (opt-in). Pour les professionnels, la CNIL admet la prospection sans accord préalable, à une condition essentielle : le message doit être en rapport avec la profession de la personne.
Proposer un logiciel de gestion à un expert-comptable, une assurance flotte à un transporteur ou un fichier de prospects à un courtier : oui. Proposer une offre de voyage personnel à l'adresse professionnelle d'un dirigeant : non, ce n'est plus du B2B.
Les trois obligations à chaque envoi
1. Vous identifier. Le destinataire doit savoir qui lui écrit : votre entreprise, pas un pseudonyme anonyme.
2. Offrir un moyen simple de s'opposer. Un lien de désinscription ou une réponse « stop » doit suffire, gratuitement, à chaque message.
3. Informer la personne. Lors du premier contact, indiquez d'où vient son adresse (par exemple : publiée sur le site de son entreprise), pourquoi vous la contactez et comment exercer ses droits (accès, effacement, opposition).
Adresse générique ou nominative : quelle différence ?
Une adresse du type contact@entreprise.fr concerne une personne morale : le RGPD s'applique peu. Une adresse prenom.nom@entreprise.fr concerne une personne physique : le RGPD s'applique pleinement, et les trois obligations ci-dessus sont incontournables.
En pratique, la majorité des fichiers B2B mélangent les deux : appliquez les règles les plus strictes à tout le fichier, c'est plus simple et plus sûr.
Vous achetez un fichier : qui est responsable ?
Dès que vous utilisez un fichier pour prospecter, vous êtes responsable de traitement de votre campagne. Le vendeur doit vous fournir des données collectées loyalement ; à vous d'envoyer des messages conformes et de tenir votre liste d'opposition.
Posez trois questions à votre fournisseur : d'où viennent les données ? Quand ont-elles été collectées ? Excluez-vous les personnes qui se sont opposées ? Un fournisseur sérieux répond précisément aux trois.
Le piège le plus fréquent : les oppositions oubliées
La première cause de plainte n'est pas l'envoi lui-même, c'est le message reçu après avoir répondu « stop ». Centralisez vos oppositions dans une liste unique, appliquez-la à chaque campagne et à chaque nouveau fichier, et conservez-la sans limite de durée : c'est la seule donnée que vous devez garder pour ne plus contacter quelqu'un.
Chez FichierFrais, nous appliquons notre propre liste d'opposition à chaque fichier que nous générons : une personne qui nous a demandé de ne plus figurer dans nos productions n'apparaît dans aucun fichier livré.
Et le téléphone ?
En B2B, l'appel de prospection vers le numéro d'une entreprise reste possible : présentez-vous clairement, restez dans le cadre de l'activité de votre interlocuteur et respectez immédiatement une demande de ne plus être appelé. Les règles de démarchage des particuliers (consommateurs) sont beaucoup plus strictes : ne les confondez pas avec le B2B, et n'appelez jamais un numéro personnel obtenu par recoupement.
Sources
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